04 mars 2026 - 45 vues
Par Thierry Rouger – Antenne 87
Sources : Légifrance
Avec les tensions liées à la guerre en Iran, certains automobilistes redoutent une flambée des prix ou des pénuries de carburant. Résultat : les bidons ressortent des garages. Mais attention, transporter de l’essence ou du gazole ne se fait pas librement. La réglementation est stricte et encadrée par l’ADR, l’accord européen relatif au transport des marchandises dangereuses par route.
Essence et gazole : des produits classés dangereux
L’essence est répertoriée sous le numéro ONU 1203 et classée parmi les matières « moyennement dangereuses ».
Le gazole porte le numéro ONU 1202 et appartient aux matières « faiblement dangereuses ».
Ces carburants sont inflammables, volatils et peuvent devenir extrêmement dangereux en cas de fuite ou de forte chaleur. Leur transport obéit donc à des règles précises.
Combien de litres peut-on transporter ?
Pour un particulier, le transport doit rester strictement destiné à un usage personnel. Toute revente est formellement interdite.
Voici les règles essentielles :
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???? Maximum 60 litres par récipient : un bidon ne peut pas dépasser cette capacité.
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???? Les contenants doivent être homologués, spécialement conçus pour le carburant, avec un marquage ONU visible.
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???? Les bidons détournés d’un autre usage ou non certifiés sont interdits.
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???? En dessous de 5 litres, le transport doit être justifié par un dépannage d’urgence, pas par du stockage préventif.
En pratique, plusieurs petits jerricans homologués peuvent être transportés, tant que l’ensemble reste dans un cadre raisonnable et personnel.
Des obligations de sécurité souvent méconnues
Le transport de carburant impose également :
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la présence de deux extincteurs dans le véhicule,
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un arrimage solide des bidons pour éviter tout renversement,
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une bonne ventilation du véhicule après transport,
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un nettoyage rapide en cas de fuite.
Ces exigences peuvent paraître contraignantes, mais elles sont essentielles pour limiter les risques d’incendie.
En cas de crise, des restrictions supplémentaires
Lors de tensions internationales ou de flambées des prix — comme cela peut être le cas avec la guerre en Iran — les autorités peuvent :
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limiter le nombre de litres par véhicule,
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interdire temporairement le remplissage de jerricans,
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réserver l’approvisionnement à certains professionnels.
Il est donc recommandé de consulter le site de votre préfecture avant tout stockage.
Le bon réflexe
Remplir des bidons « au cas où » peut sembler rassurant. Mais le carburant reste un produit dangereux, strictement encadré par la réglementation européenne.
Avant de charger votre coffre, assurez-vous que :
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vos jerricans sont homologués,
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les volumes respectent la limite légale,
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l’usage reste personnel,
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vous appliquez toutes les règles de sécurité.
En matière de carburant, mieux vaut respecter la loi que jouer avec le feu.
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