02 mars 2026 - 96 vues
Par Thierry Rouger – Antenne 87
Sources : AFP
Le conflit déclenché par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran pourrait provoquer un véritable séisme sur les marchés mondiaux dès l’ouverture asiatique, dans la nuit de dimanche à lundi. En ligne de mire : une flambée des cours du pétrole et du gaz, avec des répercussions directes sur l’économie mondiale.
???? Le détroit d’Ormuz sous tension
Au cœur des inquiétudes : le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Si le passage maritime n’est pas totalement fermé, la situation est jugée critique.
Selon les données citées par l’AFP, quelques navires chinois et iraniens auraient pu franchir la zone, mais l’essentiel des grandes compagnies maritimes a suspendu ses rotations. En cause : la flambée des primes d’assurance, devenues quasiment prohibitives dans un contexte d’embrasement régional.
Des infrastructures alternatives existent au Moyen-Orient pour contourner le détroit, mais les analystes estiment qu’elles ne suffiraient pas à compenser la perte potentielle. Selon Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, l’impact net pourrait représenter une perte de 8 à 10 millions de barils par jour sur l’offre mondiale.
???? Un baril à plus de 100 dollars ?
En théorie, les pays importateurs disposent de réserves stratégiques. Les membres de l’OCDE doivent maintenir l’équivalent de 90 jours de stocks. Mais cela pourrait ne pas suffire si la crise s’inscrit dans la durée.
Pour plusieurs analystes, un baril au-delà des 100 dollars n’est plus une hypothèse marginale. La dernière envolée comparable remonte au déclenchement de la guerre en Ukraine, lorsque les marchés énergétiques avaient été profondément déséquilibrés.
Interrogé sur la chaîne Fox News, le président américain Donald Trump a affirmé ne pas s’inquiéter d’une éventuelle hausse des prix, estimant que l’intervention visait à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.
Pourtant, selon plusieurs observateurs, la hausse du prix du pétrole pourrait constituer un « talon d’Achille » politique pour le président américain, à l’approche des élections de mi-mandat.
???? Le gaz également menacé
La tension ne concerne pas uniquement le pétrole. Le Qatar, acteur majeur du gaz naturel liquéfié (GNL), se trouve lui aussi dans la zone d’influence du détroit d’Ormuz. Une perturbation prolongée du trafic pourrait entraîner une flambée des prix du gaz dès lundi.
Un scénario qui raviverait immédiatement les tensions inflationnistes observées lors des précédents chocs énergétiques.
???? Risque de ralentissement économique
Les conséquences potentielles sont multiples :
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Hausse des prix à la pompe
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Augmentation des factures énergétiques
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Explosion des coûts du transport maritime
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Fragilisation du transport aérien
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Repli possible des marchés financiers
Selon Eric Dor, professeur à l’IESEG School of Management cité par l’AFP, l’impact pourrait devenir « délétère pour la croissance » si la crise s’installe. « Si cela dure trois jours, ce n’est pas grave. Mais sur la durée, cela pourrait produire un effet récessif supplémentaire », résume-t-il.
En Bourse, certains secteurs comme la défense pourraient bénéficier des tensions géopolitiques. En revanche, le transport aérien, le tourisme ou encore la logistique maritime pourraient subir des replis significatifs.
???? Un nouvel épisode de crise énergétique ?
Si le blocage du détroit d’Ormuz devait perdurer, les marchés pourraient entrer dans une phase d’extrême volatilité. Au-delà de la dimension militaire, c’est l’équilibre énergétique mondial qui se retrouve menacé.
L’ouverture des marchés asiatiques sera scrutée avec attention dans les prochaines heures, alors que les investisseurs redoutent un nouveau choc énergétique mondial.
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